Derriere le mur
Valentin, Elsa | Alice Jeunesse
0원 | 20210101 | 9782874261268
Le jeune h?ros de cet album est en plein d?sarroi : il compte les jours, les semaines, puis les mois, depuis que son papa n’est plus venu le chercher ? l’?cole, ne lui a plus pr?par? de lasagnes, ne lui a plus fait de c?lin avant qu’il s’endorme… L’absence du p?re est illustr?e par des sc?nes du quotidien : celles o? le papa est pr?sent, o? l’on voit la complicit? entre les deux personnages, et aussi celles o? l’enfant est seul… On voit aussi la tristesse de la maman et l’incompr?hension de l’enfant face ? la situation. Ce n’est que dans les derni?res pages que le lecteur comprend que le papa est en prison et qu’il ne voit plus sa famille que pendant les visites autoris?es au parloir. Si Elsa Valentin, l’auteur du texte, maintient volontairement le suspense, c’est pour mettre en valeur le th?me principal du livre : ce n’est pas la prison (on ne sait pas pour quel motif le papa est incarc?r?, ni quand il sortira) mais la peine caus?e ? sa famille par son absence. Ce th?me de l’absence est r?sum? par la derni?re phrase de l’album : "Il para?t que ce n’est pas une lourde peine. Pour moi, si.", qui exprime ? la fois la relativit? du temps (pour l’enfant, une absence, m?me de courte dur?e, est toujours trop longue) et les deux sens du mot "peine" (punition et chagrin).
Un th?me tr?s difficile, rarement abord? dans la litt?rature pour la jeunesse, du moins pour les enfants les plus jeunes. Bien souvent, ce sujet reste tabou : on n’ose pas parler de la prison, ni aux enfants ? pour ne pas les effrayer ou ternir l’image qu’ils ont de leurs parents, ni ? l’entourage ? qui pourrait faire preuve d’intol?rance et rejeter toute la famille. Avec pudeur et empathie, Elsa Valentin trouve les mots pour expliquer l’essentiel ? l’enfant : rien ne peut changer l’amour qu’il porte ? son papa et que celui-ci lui porte.
Les adorables personnages atypiques de l’illustratrice Isabelle Carrier (qui vient de remporter le Prix Sorci?res 2010 pour son album La petite casserole d’Anatole), apportent la touche indispensable de fantaisie et de tendresse. Les touchantes sayn?tes entre le p?re et son fils font sourire avant de bouleverser car elles sont suivies de sc?nes de solitude et d’abandon. Un ouvrage indispensable pour ceux qui vivent cette situation difficile, mais aussi pour les autres, qui, au lieu de juger et condamner, pourront faire preuve de compassion ? l’?gard de ceux qui souffrent sans avoir rien fait pour le m?riter. Un sujet peu banal mais un magnifique d?fi relev? brillamment par les deux auteurs.
The young hero of this album is in disarray: it counts the days, weeks, then months, since his dad is not picked him up at school, he was not more prepared lasagna, not him made more hug before he falls asleep ... Father absence is illustrated with scenes of everyday life: those where the father is present, where we see the chemistry between the two characters, as well as those where child is alone ... We also see the sadness of the mother and the child misunderstanding about the situation. It is only in the last pages that the reader understands that the father is in prison and he no longer sees his family only during authorized visits to the parlor. If Elsa Valentin, the author of the text, voluntarily maintains the suspense is to highlight the main theme of the book: it is not the prison (we do not know for what reason the father is incarcerated or when it comes out), but the pain caused to his family by his absence. This theme of absence is summarized by the last sentence of the album: "It seems that this is not a heavy penalty. For me, though." Which expresses both the relativity of time (for child, an absence, even of short duration, is still too long) and the two meanings of the word "penalty" (punishment and grief).
A very difficult topic rarely discussed in the literature for youth, at least for the younger children. Often, this topic remains taboo: no one dares talk about prison, or children - not to frighten or to tarnish the image they have of their parents, or the entourage - who could demonstrate intolerance and reject the whole family. With modesty and empathy, Elsa Valentin find the words to explain the essential child: nothing can change the love he has for his dad and that it for him.
The lovable atypical illustrator Isabelle Carrier (who just won the prize in 2010 for his album Witches The small pot of Anatole), provide the essential key of imagination and tenderness. The touching scenes between father and son are smiling before upsetting because they are followed by scenes of loneliness and abandonment. A must for those who live this difficult situation, but also for others who, instead of judging and condemning, can be compassionate toward those who suffer without having done anything to deserve it. About a little trite but a great challenge raised by the two authors brilliantly.